Sur Mykonos, la question n’est pas de savoir quel beach club est le plus beau. Ils le sont à peu près tous. La question est de savoir ce que vous allez payer, et si vous le saurez avant de vous asseoir. C’est là que l’île a un problème documenté, avec des factures à trois chiffres pour deux boissons, une amende de 31 000 euros infligée par l’administration du tourisme en 2022, et un dispositif de contrôle des transats mis en place depuis 2024. Cet article traite les deux sujets ensemble, parce qu’ils sont indissociables.
- Le problème des additions, exposé sans exagération
- Ce que dit la loi, et ce qu’elle ne dit pas
- Les transats illégaux et l’application qui a changé la donne
- Les neuf adresses, plage par plage
- Nammos, à Psarou
- Scorpios, à Paraga
- SantAnna, à Paraga
- Super Paradise et Jackie O’, sur la même plage
- Alemagou, à Ftelia
- Principote, à Panormos
- Kalua et Tropicana, les deux extrêmes de l’accessibilité
- Le tableau, pour comparer d’un coup d’oeil
- Les taxes à prévoir, et celles qui ne vous concernent pas
- Questions fréquentes sur les beach clubs de Mykonos
Le problème des additions, exposé sans exagération
Il faut en parler, mais il faut en parler correctement. Une série d’incidents a été documentée par la presse grecque et internationale, presque toujours autour du même établissement, un restaurant de plage situé à Platis Gialos.
En 2022, une touriste américaine et sa fille se sont vu facturer 598,92 euros pour deux boissons et des pattes de crabe. La même année, un couple a réglé environ 557 dollars pour quatre boissons et une douzaine d’huîtres. En 2023, un visiteur italien a payé 711,41 euros pour trois jus d’orange, un Aperol Spritz et des fruits de mer. En 2026, la presse a relayé de nouveau un cas de deux cocktails facturés 876 dollars, alors que le menu affichait 51 euros l’unité ; il s’agirait de la republication d’un incident antérieur, dont nous n’avons pas pu établir la date exacte.

Ce qui a suivi, du côté officiel, mérite d’être connu. En 2022, le ministre grec du Tourisme a demandé à l’Agence régionale du tourisme des Cyclades d’ouvrir une enquête. L’audit a relevé sept à huit infractions et l’établissement a écopé d’une amende de 31 000 euros. C’est le fait le plus solide de ce dossier, parce qu’il émane d’une administration et non d’un témoignage.
Deux précisions d’honnêteté s’imposent. D’abord, aucune décision de justice n’a formellement établi de fraude dans la plupart de ces affaires : ce sont des litiges de consommation relayés par les médias, pas des condamnations pénales. Ensuite, l’établissement concerné n’a jamais été fermé et fonctionne toujours en 2026. Écrire le contraire serait faux.
Ce que dit la loi, et ce qu’elle ne dit pas
Une idée circule selon laquelle la Grèce aurait voté une loi anti-arnaque spécifique en 2025 ou 2026. Nous n’avons trouvé aucune trace d’un tel texte, et nous préférons le dire. La réponse des autorités relève de contrôles ponctuels et d’amendes au cas par cas, pas d’une nouvelle législation.
En revanche, deux règles existent déjà et vous protègent. La réglementation européenne impose l’affichage du prix total avant l’encaissement. Et une règle grecque en vigueur depuis 2013 interdit de facturer un couvert, du pain ou de l’eau que vous n’avez pas explicitement commandés, sous peine d’une amende de 500 euros par article facturé abusivement. L’eau du robinet doit être servie gratuitement si vous la demandez.
La conséquence pratique tient en une phrase : exigez le menu écrit avec les prix avant de commander, et un ticket détaillé au moment de payer. Tous les récits de litige recensés ont un point commun, l’absence de carte présentée à l’arrivée.
Les transats illégaux et l’application qui a changé la donne
L’autre bataille grecque de ces dernières années porte sur l’occupation du domaine public. Une loi sur le développement côtier a été votée par le Parlement le 29 février 2024, par 158 voix contre 142. Elle instaure des enchères électroniques pour les concessions de plage, une protection renforcée des zones Natura 2000, une surveillance par drones et satellites, et des procédures de démolition des structures illégales.
La règle la plus reprise, et celle qui change concrètement votre journée, veut que 70 % de chaque plage reste libre de tout transat, un taux porté à 85 % dans les zones protégées, catégorie qui inclurait Mykonos et Santorin. Une distance minimale de quatre mètres entre les transats et le rivage serait également imposée. Nous signalons que ces pourcentages, repris partout dans la presse, ne figurent pas explicitement dans le résumé du texte de loi que nous avons pu consulter : nous les donnons donc comme la meilleure information disponible, pas comme une citation de texte.

Depuis avril 2024, une application baptisée MyCoast permet à n’importe quel baigneur de signaler une infraction : transats posés sans concession, accès à la mer obstrué. Les chiffres publiés pour l’été 2025 donnent la mesure du phénomène : 11 512 signalements entre la mi-mai et le 17 août, dont 817 pour les Cyclades, plus de 7 400 concernant des parasols ou transats non conformes et environ 1 800 des accès à la mer bloqués. Plus de la moitié des plaintes ont été examinées, avec environ 20 % de violations confirmées. Les amendes encourues vont de 2 000 à 60 000 euros.
À retenir si un employé vous explique que toute la plage appartient au club : c’est faux, et vous pouvez le signaler.
La différence saute aux yeux avec les beach clubs de Santorin, où le sable est volcanique et les prix sans rapport, et notre classement des beach clubs de Méditerranée replace ces montants dans leur contexte.
Les neuf adresses, plage par plage
Avertissement identique à celui de Santorin, et encore plus vrai ici : les beach clubs de Mykonos pratiquent des prix dynamiques et ne les publient pas. Les fourchettes ci-dessous viennent d’agrégateurs et de retours de visiteurs. Quand deux sources divergent trop, nous le disons au lieu de choisir.
Nammos, à Psarou
C’est le nom le plus associé au luxe de Mykonos, et l’adresse où l’on vient autant pour être vu que pour se baigner. Ouverture de saison annoncée au 1er mai 2026. Sur les transats, les sources s’écartent d’un facteur deux à trois : une fourchette de 140 à 220 euros pour deux selon le rang, une autre de 350 à 500 euros pour deux en premier rang. Le minimum de consommation est évalué entre 100 euros par personne et 200 à 600 euros selon l’emplacement. Comptez environ 22 euros le cocktail et 40 à 80 euros le plat. La réservation est indispensable à partir de juin, et les premiers rangs partent plusieurs semaines à l’avance en juillet et août.
Scorpios, à Paraga
Positionnement bohème et spirituel, rituels de coucher de soleil, programmation deep house parmi les plus courues de l’île. C’est l’adresse pour laquelle nous avons les dates les plus solides : ouverture le 10 mai 2026 et fête de clôture le 4 octobre 2026, confirmées par deux sources indépendantes. Les cabanas démarrent autour de 160 euros la journée, les transats simples entre 40 et 100 euros, le cocktail autour de 20 euros. Un minimum de consommation s’applique, dont le montant n’est pas publié. Réservez deux à quatre semaines à l’avance pour juillet et août, et dès mars pour les soirées à tête d’affiche.
SantAnna, à Paraga
C’est le plus explicitement club de la sélection, avec une programmation DJ résidente parmi les plus actives de l’île. Ouverture annoncée le 12 mai 2026. Les transats vont de 60 à plus de 200 euros l’unité selon le rang et la saison, avec un minimum de consommation rapporté entre 200 et 600 euros pour un couple en formule haute saison. La vente se fait exclusivement par le site officiel en haute saison. Si vous cherchez du farniente, ce n’est pas ici.
Super Paradise et Jackie O’, sur la même plage
Super Paradise Beach Club fonctionne depuis 1971 et reste accessible sans réservation, ce qui le distingue nettement de Nammos ou SantAnna. Les transats démarrent autour de 25 euros par personne en rang arrière et 40 euros en premier rang en début de saison, avec des tarifs qui peuvent grimper jusqu’à 120 à 150 euros par transat en pleine saison. Saison de fin mai à fin septembre.
Jackie O’ occupe la même plage avec une identité LGBTQ+ assumée et des spectacles de drag queens en fin d’après-midi. Comptez 40 à 80 euros par transat, accès piscine et jacuzzi inclus, et à partir d’une quinzaine d’euros le cocktail. La réservation est conseillée pour les soirs de spectacle, sans être obligatoire.
Alemagou, à Ftelia
Une adresse à part, parce que la plage l’est aussi : Ftelia est exposée au vent, avec des vagues plus présentes que sur la côte sud, ce qui en fait un spot de sports nautiques. La partie plage ouvre le 30 avril 2026, la programmation musicale démarre le 29 mai. Pour les dates de juillet à forte demande, l’établissement exige une réservation au moins 72 heures à l’avance, une règle confirmée sur son site officiel. Les prix de transats ne sont pas publiés, ce qui est cohérent avec un fonctionnement sur réservation. Cocktail entre 18 et 25 euros.
Principote, à Panormos
Au nord de l’île, loin de la concentration de Paraga et Super Paradise. Eau plus calme, ambiance posée, peu de musique forte. Comptez 80 à 150 euros le transat, soit 160 à 300 euros pour deux, et 70 à 120 euros par personne pour un déjeuner. Réservation fortement recommandée plusieurs semaines à l’avance en juillet et août. C’est l’option standing sans le club.
Kalua et Tropicana, les deux extrêmes de l’accessibilité
Kalua, à Paraga, se distingue par des horaires qui débordent sur la nuit, de 11h à 1h du dimanche au jeudi et jusqu’à 2h le week-end. La réservation est obligatoire et n’est valide qu’après réception d’un courriel de confirmation. Aucun prix n’est publié, ni pour les transats ni pour la carte.
Tropicana, sur Paradise Beach, ouvre le 30 avril 2026 et joue la carte inverse : entrée gratuite, accès sans réservation, transats entre 40 et 80 euros, cocktails entre 15 et 20 euros, tables VIP à partir de 200 euros de minimum. C’est l’adresse la plus démocratique de la sélection, sur la plage historiquement associée à la fête sur l’île.

Le tableau, pour comparer d’un coup d’oeil
| Adresse | Plage | Transats | Réservation | Profil |
|---|---|---|---|---|
| Nammos | Psarou | 140 à 500 € pour deux | indispensable dès juin | luxe, prestige |
| Scorpios | Paraga | 40 à 100 €, cabana 160 € | 2 à 4 semaines avant | bohème, deep house |
| SantAnna | Paraga | 60 à 200 € et plus | site officiel uniquement | club assumé |
| Super Paradise | Super Paradise | 25 à 150 € par personne | sans réservation possible | historique, équilibré |
| Jackie O’ | Super Paradise | 40 à 80 € | conseillée les soirs de show | LGBTQ+, festif |
| Alemagou | Ftelia | non publié | 72 h avant en juillet | vent, sports nautiques |
| Principote | Panormos | 80 à 150 € l’unité | plusieurs semaines avant | calme, standing |
| Kalua | Paraga | non publié | obligatoire, par courriel | jour et nuit |
| Tropicana | Paradise Beach | 40 à 80 € | aucune | accessible, festif |

Les taxes à prévoir, et celles qui ne vous concernent pas
La Grèce applique une contribution de résilience face à la crise climatique, payable sur place à l’hébergeur, par nuit et par logement. D’avril à octobre, comptez environ 2 euros en hôtel 1 ou 2 étoiles, 5 euros en 3 étoiles, 10 euros en 4 étoiles, 15 euros en 5 étoiles, et de l’ordre de 8 euros en location courte durée, jusqu’à 15 euros pour les logements de plus de 80 mètres carrés. De novembre à mars, ces montants tombent entre 0,50 et 4 euros.
Vous lirez aussi qu’une taxe de 20 euros s’applique à Mykonos. C’est exact, mais uniquement pour les passagers de croisière qui débarquent, de juin à septembre, contre 12 euros en avril, mai et octobre et 4 euros de novembre à mars. Mykonos et Santorin sont les deux seules îles où cette redevance est majorée. Si vous arrivez par ferry ou par avion, elle ne vous concerne pas.
Il n’existe aucune taxe d’entrée sur les plages de Mykonos. Pour construire un itinéraire dans les Cyclades, notre article sur les criques secrètes de Méditerranée aborde la navigation entre les îles.
Questions fréquentes sur les beach clubs de Mykonos
Comment éviter une addition abusive à Mykonos ?
Exigez un menu écrit avec les prix avant de commander, et un ticket de caisse détaillé au moment de payer. C’est le point commun de tous les litiges documentés : aucune carte n’avait été présentée à l’arrivée. Sachez aussi qu’une règle grecque en vigueur depuis 2013 interdit de facturer un couvert, du pain ou de l’eau non commandés, sous peine de 500 euros d’amende par article.
Un beach club peut-il privatiser toute une plage à Mykonos ?
Non. La loi grecque sur le développement côtier votée le 29 février 2024 impose que 70 % de chaque plage reste libre de transats, un taux porté à 85 % dans les zones protégées. L’application MyCoast, lancée en avril 2024, permet de signaler une infraction ; 11 512 signalements ont été déposés à l’été 2025, dont 817 pour les Cyclades. Les amendes vont de 2 000 à 60 000 euros.
Quel beach club de Mykonos sans réservation ?
Tropicana, sur Paradise Beach, et Super Paradise Beach Club acceptent les arrivées sans réservation. À l’inverse, Nammos, SantAnna, Alemagou et Kalua exigent une réservation préalable en haute saison, et Scorpios se réserve deux à quatre semaines à l’avance en juillet et août.
Combien coûte un transat à Mykonos ?
Cela va de 25 euros par personne à Super Paradise en début de saison à plusieurs centaines d’euros pour un premier rang chez Nammos. Aucun établissement ne publie de tarif officiel et les prix sont dynamiques : les chiffres qui circulent sont des estimations issues de visiteurs. Demandez le prix du rang avant de vous installer.
Quand ouvrent les beach clubs de Mykonos en 2026 ?
Tropicana et Alemagou ouvrent le 30 avril, Nammos le 1er mai, Scorpios le 10 mai et SantAnna le 12 mai. Scorpios a annoncé sa fête de clôture le 4 octobre 2026. Super Paradise fonctionne de fin mai à fin septembre.
