En Thaïlande, se déplacer n’est jamais un problème. Le pays est sillonné d’avions, de trains, de bus, de bateaux, de tuk-tuks, de songthaews et d’applications de VTC comme Grab qui rendent la mobilité étonnamment simple, même avec des enfants. Le vrai sujet n’est donc pas de savoir si l’on peut bouger, mais comment bouger bien : sans s’épuiser, sans se ruiner, et sans transformer chaque trajet en épreuve. Pour poser l’ensemble du voyage, notre guide complet de la Thaïlande en famille reste le point de départ.
- Les grandes distances : avion, train de nuit et bus
- L’avion intérieur, le gain de temps qui change tout
- Le train de nuit, une aventure en soi
- Le bus longue distance, l’option économique
- Rejoindre les îles : ferry, speedboat et longtail
- Les trajets du quotidien : Grab, taxi, tuk-tuk, songthaew et métro
- Louer une voiture : dans quels cas ça vaut le coup
- Le siège auto pour enfant : ce que dit la loi, et ce qu’il en est en pratique
- Sécurité routière et scooter : un sujet à prendre au sérieux
- Construire un parcours fluide en combinant les transports
- Questions fréquentes
- Quel mode de transport privilégier pour les longues distances en Thaïlande ?
- Faut-il réserver le train de nuit à l’avance ?
- Les sièges auto sont-ils fournis dans les taxis et les voitures de location ?
- Quel budget transport prévoir en famille ?
- Faut-il un permis international pour louer une voiture ou un scooter ?
- Comment éviter le mal de mer des enfants sur les bateaux vers les îles ?
Car avec des enfants, le transport n’est pas qu’une question de prix : c’est une question de confort, de durée et de sécurité. Un mauvais arbitrage peut coûter une journée gâchée et des nerfs en moins. Voici comment combiner intelligemment les options pour que les trajets deviennent une partie agréable du voyage.
Pour les trajets longs, privilégiez l’avion intérieur ou le train de nuit plutôt que le bus. Pour une île, choisissez le ferry classique, plus stable que le speedboat. En ville, Grab reste le moyen le plus sûr et le plus simple avec des enfants, devant le taxi et le tuk-tuk.
Les tarifs indiqués ci-dessous sont des ordres de grandeur constatés en 2026, à titre indicatif seulement : les prix thaïlandais évoluent vite selon la saison et la demande.
| Mode de transport | Durée type | Coût relatif | Confort avec enfants |
|---|---|---|---|
| Avion intérieur | 1h à 1h30 | 20 à 60 € par personne | Très bon, gain de temps maximal |
| Train de nuit | 12 à 14h, de nuit | 15 à 45 € la couchette | Bon en 2nde classe climatisée, vécu comme une aventure |
| Bus longue distance | 8 à 12h | 10 à 25 € | Correct sur un trajet court, fatigant au-delà de 6h |
| Ferry classique | 1h à 3h | 10 à 30 € | Très bon, stable, peu de mal de mer |
| Speedboat | 30 min à 1h30 | 15 à 35 € | Moyen, secoue, mal de mer plus fréquent |
| Voiture de location | Variable | 20 à 40 €/jour + carburant | Bon si le siège auto est assuré, liberté totale |
| Grab / VTC | Quelques minutes à 1h | 1 à 8 € la course urbaine | Très bon, prix affiché à l’avance |
| Taxi au compteur | Comparable à Grab | Comparable à Grab | Bon si le compteur est bien enclenché |
| Tuk-tuk | Courte distance | Variable, à négocier | Moyen, pas de ceinture, réservé aux balades |
| Songthaew | Courte à moyenne distance | Quelques dizaines de centimes à 2 € | Correct, transport local pittoresque |
| BTS / MRT (Bangkok) | Quelques minutes à 40 min | Moins de 2 € | Très bon, climatisé, évite les embouteillages |
Les grandes distances : avion, train de nuit et bus
L’avion intérieur, le gain de temps qui change tout
Les distances thaïlandaises sont trompeuses : un Bangkok-Chiang Mai représente 700 kilomètres, un Bangkok-Phuket plus de 850. Par la route, c’est une journée entière, parfois une nuit. En avion, c’est environ 1h15 de vol pour souvent moins de 50 euros par personne en réservant à l’avance, un gain de temps qui préserve l’énergie de toute la famille pour les découvertes.
Côté confort, Bangkok Airways (salon et collation même en éco sur certaines lignes) et Thai Smile, filiale de Thai Airways. Côté low cost, le trio Thai AirAsia, Nok Air et Thai Lion Air propose les billets les moins chers. Attention aux deux aéroports de Bangkok : Suvarnabhumi (BKK) pour les vols classiques, Don Mueang (DMK) pour les low cost, à plus d’une heure de route l’un de l’autre, un changement d’aéroport à anticiper avec des enfants fatigués en cas de correspondance.
Je vérifie systématiquement la franchise bagages avant de me réjouir d’un tarif attractif : sur le low cost, seul un bagage cabine est souvent inclus, et le supplément payé au comptoir peut presque doubler le prix du billet familial. Ajoutez-le dès la réservation, réservez tôt, privilégiez les vols en journée plutôt qu’aux aurores, et prévoyez de quoi occuper et faire grignoter les petits. La plupart des compagnies appliquent un tarif bébé réduit, et le passeport reste le document de référence pour tous les passagers, enfants compris.
Le train de nuit, une aventure en soi
S’il y a une expérience que les enfants n’oublient pas, c’est le train de nuit entre Bangkok et Chiang Mai de la State Railway of Thailand. On embarque le soir à la gare de Krung Thep Aphiwat, qui a remplacé l’historique Hua Lamphong, on s’installe dans sa couchette, et on se réveille dans le nord après une nuit bercée par le roulis des rails : il déplace et loge en même temps, économisant une nuit d’hôtel, et reste plus respectueux de l’environnement que l’avion.
> « Nos enfants ont adoré le train de nuit pour Chiang Mai bien plus que n’importe quel temple. Grimper dans sa couchette, regarder défiler les lumières par la fenêtre, s’endormir dans le train : pour eux, le voyage avait commencé là, dans ce wagon. » Jérémy, Voyage Pulse
Pour une famille, les couchettes en 2nde classe climatisée (2nd class AC sleeper) offrent le meilleur compromis prix-confort, transformées le soir par le contrôleur avec rideau et draps ; les couchettes du bas, plus larges et accessibles, sont idéales pour les enfants. La 1ère classe offre des compartiments privatifs, plus chers mais rassurants pour les tout-petits. Les wagons peuvent être frais la nuit : prévoyez un pull, un cadenas pour les bagages, un masque et des bouchons d’oreille pour les dormeurs légers, et des en-cas malgré le service à bord.
Je conseille de réserver la couchette plusieurs semaines à l’avance en haute saison, surtout sur l’axe Bangkok-Chiang Mai, où les places partent vite. Visez les couchettes du bas pour les enfants et regroupez les places de toute la famille. Une fois sur place, Chiang Mai en famille prend le relais pour organiser la suite du séjour.
Le bus longue distance, l’option économique
Le bus reste la solution la moins chère pour les liaisons mal desservies par le train ou l’avion, vers des villes secondaires du nord ou du nord-est. Les lignes VIP climatisées, à sièges inclinables, rendent le trajet supportable, mais au-delà de six heures la fatigue se fait sentir, surtout pour de jeunes enfants sans possibilité de s’allonger. L’avion ou le train de nuit restent nos choix par défaut sur un trajet long ; le bus se réserve aux distances moyennes sans alternative.
Rejoindre les îles : ferry, speedboat et longtail
Rejoindre les plus belles îles de Thaïlande passe presque toujours par un trajet en bateau, et trois types d’embarcations se partagent les liaisons. Le ferry classique est le plus stable et confortable : grand, lent, avec ponts et sièges, idéal pour les enfants sensibles au mal de mer. Le speedboat est rapide mais secoue, avec une arrivée plus brutale. Le longtail, ce bateau à longue queue typique du pays, convient aux courtes traversées, mais expose au soleil et aux embruns.
Lomprayah, Seatran ou Raja Ferry assurent les liaisons vers le golfe de Thaïlande (Koh Samui, Koh Phangan, Koh Tao), tandis que longtails et speedboats desservent Phi Phi, Railay ou Koh Lanta depuis Krabi et Phuket, côté mer d’Andaman. Certaines liaisons reculées sont réduites ou suspendues hors haute saison selon la météo : à vérifier avant de figer un itinéraire serré.
| Île | Point de départ habituel | Mode conseillé en famille | Durée indicative |
|---|---|---|---|
| Koh Samui | Surat Thani, ou vol direct depuis Bangkok | Ferry (Raja Ferry, Seatran) ou avion (Bangkok Airways) | 1h30 en bac, 1h15 en avion |
| Koh Phangan | Surat Thani ou Koh Samui | Ferry (Lomprayah, Seatran) | 2 à 3h au total |
| Koh Tao | Chumphon | Ferry ou catamaran rapide (Lomprayah) | 1h30 à 3h selon le bateau |
| Koh Phi Phi | Phuket ou Krabi | Speedboat | 1h30 à 2h |
| Railay | Krabi (Ao Nang) | Longtail | 30 à 45 min |
| Koh Lanta | Krabi | Ferry saisonnier ou route et bac | 2 à 3h |
Avec de jeunes enfants, privilégiez le ferry dès que possible, quitte à perdre un peu de temps sur le speedboat. Le surcoût de confort est minime au regard de la tranquillité gagnée, et gardez le speedboat pour les liaisons où il n’existe pas d’alternative.
> « Premier trajet en speedboat, notre fils a eu le teint vert. On a basculé sur les ferries pour le reste du voyage, et plus aucun souci. Leçon retenue. » Jérémy, Voyage Pulse
Pour limiter le mal de mer, quelques réflexes changent tout : placer l’enfant au centre du bateau, lui faire fixer l’horizon, éviter l’estomac vide ou trop plein, et garder un sac à portée de main ; pour les plus sensibles, un avis médical avant le départ est utile. Côté sécurité, repérez les gilets de sauvetage dès la montée et exigez-en pour les enfants, pas toujours proposés spontanément, et évitez les bateaux surchargés ou les départs par mauvaise météo. Les prix varient selon la distance, le ferry restant le plus économique ; on réserve en ligne, à l’hôtel ou aux guichets. Pour choisir la destination, notre comparatif quelle île choisir en famille pèse le pour et le contre de chacune.
Le guide complet : préparez votre voyage en famille
Le guide Transport : tous vos déplacements expliqués
Les trajets du quotidien : Grab, taxi, tuk-tuk, songthaew et métro
Dans les grandes villes, l’application Grab a tout changé. Le prix est fixé à l’avance, affiché sur l’écran, sans négociation ni mauvaise surprise, et le paiement peut se faire par carte. Avec des enfants fatigués ou des bagages, c’est une tranquillité d’esprit inestimable. Bolt et InDrive offrent des alternatives parfois moins chères. Seul bémol : aux heures de pointe à Bangkok, les voitures se font rares et les prix grimpent. Grab couvre très bien Bangkok, Chiang Mai et Phuket ; dans les petites îles ou zones rurales, l’offre est plus limitée, et on revient au taxi local ou au songthaew.
> « On a pris le pli de toujours ouvrir Grab d’abord. Quand le taxi voyait le prix affiché sur notre écran, le compteur se mettait en marche tout seul. » Jérémy, Voyage Pulse
Les taxis officiels, souvent roses, verts ou jaunes, sont confortables et climatisés. La règle d’or tient en un mot : « meter ». Exigez toujours le compteur au départ ; si le chauffeur refuse ou annonce un forfait, descendez et prenez le suivant, sans drame.
Le tuk-tuk, lui, relève de l’expérience plus que du transport rationnel. Les enfants adorent ce trois-roues bruyant, cheveux au vent, mais ce n’est ni le moins cher, ni le plus sûr : pas de ceinture, exposition à la pollution, prix toujours à négocier fermement avant de monter. Gardez-le pour une ou deux balades courtes, pour le plaisir, plutôt que pour des trajets réguliers.
Dans les villes du nord et sur les îles, le songthaew, ce pick-up aménagé avec deux banquettes à l’arrière, fait office de transport collectif bon marché et pittoresque. À Bangkok, le BTS Skytrain et le MRT sont propres, climatisés et imbattables aux heures de pointe pour éviter les embouteillages légendaires ; les enfants adorent la vue en hauteur du Skytrain. Le bateau-bus Chao Phraya Express dessert quant à lui de nombreux sites le long du fleuve. Sur l’ensemble d’un séjour, ces déplacements urbains pèsent peu dans le budget si l’on privilégie Grab et le compteur.
Louer une voiture : dans quels cas ça vaut le coup
« On loue une voiture comme en France ? » La réponse honnête est parfois oui, souvent non, selon la destination. La location brille dans des régions précises : le nord autour de Chiang Mai et Pai, jusqu’à la boucle de Mae Hong Son, où les routes de montagne se prêtent aux road trips, et certaines grandes îles comme Phuket ou Koh Lanta, où elle offre une liberté précieuse (arrêts libres, siestes sans contrainte d’horaire). À l’inverse, à Bangkok, elle n’a aucun sens : embouteillages, stationnement impossible, alors que le métro et Grab sont infiniment plus simples. Sur les petites îles, les transports locaux suffisent aussi, et la voiture devient une contrainte plus qu’un atout.
> « On a adoré la voiture dans le nord, on a détesté l’idée de juste sortir de l’agence à Bangkok. Le bon outil au bon endroit, c’est toute la différence. » Christelle, Voyage Pulse
Pour la voiture, je pars toujours du même principe : utile dans le nord ou sur une grande île, inutile partout où les transports en commun ou Grab couvrent déjà le besoin.
Un point n’est pas négociable : le permis de conduire international est obligatoire en complément du permis français, sans quoi l’assurance ne joue pas en cas d’accident. Il se demande gratuitement en préfecture, plusieurs semaines avant le départ, en plus d’une carte de crédit pour la caution.
Le siège auto pour enfant : ce que dit la loi, et ce qu’il en est en pratique
Depuis le 5 septembre 2022, la loi thaïlandaise (amendement au Road Traffic Act) impose un siège homologué ou un réhausseur pour tout enfant de moins de six ans ou de moins de 135 cm circulant en véhicule, y compris en voiture de location : l’amende en cas de non-respect a été portée à 2 000 bahts. C’est une règle sérieuse, pas une simple recommandation.
Dans la pratique, l’équipement reste inégal : peu de loueurs, de taxis ou de chauffeurs Grab en disposent spontanément. Réservez le siège auto ou le rehausseur au moment de la réservation, en le demandant explicitement, et vérifiez sa présence avant de signer. Beaucoup de familles préfèrent apporter leur propre réhausseur pliable, léger et fiable, pour ne pas dépendre de la disponibilité locale. Ne transigez jamais là-dessus, même pour un court trajet.
Sécurité routière et scooter : un sujet à prendre au sérieux
La sécurité routière est un vrai sujet en Thaïlande, pas un cliché de guide de voyage. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le pays figure parmi les plus touchés au monde par la mortalité routière, et les deux-roues sont impliqués dans plus de 80 % des accidents mortels sur ses routes. C’est pourquoi nous déconseillons clairement le scooter en famille, même sur les îles où il semble si tentant : les accidents de deux-roues sont l’une des premières causes d’hospitalisation des touristes, les routes y sont imprévisibles et les enfants n’y ont pas leur place. Le songthaew, le Grab ou le taxi local couvrent le même besoin sans ce risque.
Pour la voiture, on roule à gauche, les scooters surgissent de partout aux intersections et le code de la route y est appliqué de façon souple. Restez prudent, évitez de conduire de nuit et privilégiez les axes secondaires aux heures de pointe. Si la conduite vous stresse, tous les autres modes de ce guide couvrent l’intégralité du voyage sans jamais prendre le volant. Les grandes enseignes internationales offrent en général plus de garanties qu’un loueur local : vérifiez que le siège auto demandé est bien inclus avant de valider.
Construire un parcours fluide en combinant les transports
Le secret d’un voyage réussi, côté transport, c’est de combiner ces modes intelligemment plutôt que d’en privilégier un seul. Un vol pour les grandes distances, le train de nuit pour l’aventure et l’économie d’une nuit d’hôtel, Grab et le BTS en ville, le ferry pour les îles, et la voiture uniquement là où elle apporte une vraie liberté : chaque mode a son moment, et aucun n’est fait pour couvrir tout le voyage à lui seul. Cette logique structure d’ailleurs notre itinéraire de deux semaines en famille, pensé pour minimiser les trajets pénibles et laisser la place aux temps forts du séjour plutôt qu’à la route.
Le pack famille : tous nos guides pour bien choisir
Questions fréquentes
Quel mode de transport privilégier pour les longues distances en Thaïlande ?
L’avion pour la vitesse, le train de nuit pour l’expérience et l’économie d’une nuit d’hôtel. Le bus reste une option de dépannage sur les liaisons secondaires, mais devient fatigant en famille au-delà de six heures de route.
Faut-il réserver le train de nuit à l’avance ?
Oui, surtout en haute saison sur l’axe Bangkok-Chiang Mai. Les couchettes se vendent vite : réservez plusieurs semaines avant si possible, visez les couchettes du bas pour les enfants, et regroupez les places de toute la famille.
Les sièges auto sont-ils fournis dans les taxis et les voitures de location ?
La loi thaïlandaise impose un siège ou un réhausseur pour les enfants de moins de six ans ou de moins de 135 cm depuis 2022, y compris en voiture de location, mais l’équipement reste inégal dans la pratique. Réservez le vôtre à l’avance ou apportez un réhausseur léger. Dans les taxis et les Grab, ces sièges restent rares : c’est un point à anticiper.
Quel budget transport prévoir en famille ?
La mobilité est l’un des postes les plus abordables du voyage. Comptez en ordre de grandeur 20 à 60 euros pour un vol intérieur, 15 à 45 euros pour une couchette de train de nuit, et quelques euros pour une course Grab en ville.
Faut-il un permis international pour louer une voiture ou un scooter ?
Oui, le permis de conduire international est obligatoire en plus du permis français pour tout véhicule à moteur. Il s’obtient gratuitement en préfecture avant le départ. Le scooter, lui, est fortement déconseillé en famille, quelle que soit la présence ou non d’un permis adapté.
Comment éviter le mal de mer des enfants sur les bateaux vers les îles ?
Privilégiez le ferry classique au speedboat dès que l’option existe, placez l’enfant au centre du bateau, faites-lui fixer l’horizon, évitez l’estomac vide ou trop plein, et gardez un sac à portée de main par précaution.
